Bordeaux : qu’est il possible de faire en matière de vente de produits à base de cannabis ?

Bordeaux : qu’est il possible de faire en matière de vente de produits à base de cannabis ?

février 10, 2019 0 Par admin

Des boutiques qui ouvrent…et parfois ferment

Vous les avez peut-être remarquées en vous promenant dans les rues de Bordeaux. Elles ont pignon sur rue. Des boutiques proposant des produits à base de cannabis. Dans leurs vitrines, on trouve des pipes et autres feuilles à rouler. Ou alors des produits d’apparence plus en lien avec « le bien-être ». La plupart ont récemment ouvert.

Toutes ne vivent pas le même destin. Et toutes ne vendent pas exactement les mêmes produits. Laurie Cauvidou et son compagnon sont à la tête d’un « coffee shop » dans le quartier Mériadeck. Baumes, tisanes, liquides. Ici on trouve de tout mais rien ne se fume. Vous n’y verrez pas un seul joint.

Leur boutique a ouvert en juin dernier, mais dès le mois de juillet, ils ont eu des ennuis avec la justice. Désormais, ils ne vendent plus que des produit à base de CBD, fini ceux contenant moins de 0,2% de THC. Suite aux trente heures passées en garde à vue, le couple a préféré stopper la vente de ces produits. Mais la procédure judiciaire est toujours en cours.

Près de la Victoire, un commerce de ce type a fermé. Situé cours de l’Argonne, il proposait aussi des produits contenant moins de 0,2% de THC. Lassé, selon son avocat, par ses ennuis avec la justice, le propriétaire a fermé sa boutique. Mais son avocat continue de défendre son dossier.

Plus loin près de la barrière de Pessac, un autre commerce propose ces produits. Trois boutiques donc, et trois cas de figure différents.


Bordeaux : qu’est il possible de faire en matière de vente de produits à base de cannabis ?


Quelle est la loi ?


Les produits ne contenant que du CBD ne posent aucun problème. Si l’Europe autorise les produits contenant moins de 0,2% de THC, c’est plus compliqué en France.

Le 17 juin dernier, Agnès Buzin, ministre de la santé, estimait que la législation était « un peu floue ». C’est rien de le dire. D’autant que la question est très technique.

La législation française est restrictive car elle a, entre autre, tendance à suivre le rapport d’une mission interministérielle (la Mildeca) autorisant la présence de THC mais uniquement pour les produits bruts, et seules les graines et les fibres pouvant être utilisées. Mais qu’est ce qu’on entend par fibre ? Tous ne s’accordent pas.

Une chose est sûre, les avocats défendant des dossiers comme ceux-la s’accordent à dire que le droit européen est censé primer. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles maître Julien Plouton a déposé une requête en nullité concernant la procédure engagée contre le propriétaire du commerce anciennement situé cours de l’Argonne.

Mais à Aix-en-Provence, une affaire comme celle-ci a été jugée en octobre dernier et la Cour d’appel a décidé de saisir la Cour européenne de justice pour qu’elle tranche. Une décision très attendue qui pourrait bien changer la donne. En attendant certaines boutiques continuent de vendre ces produits, espérant que la Cour européenne finisse par leur donner raison.


Faut-il avoir peur de ces boutiques ?


Le CBD est le cannabidiol, une molécule du cannabis. « Au contraire du THC, il n’est pas psychotrope »,

explique Laurie Couvidou. Et cette molécule du chanvre a visiblement trouvé son public pour faire face à des douleurs physiques ou psychiques.

« J’ai deux hernies cervicales, il m’arrivait de perdre carrément l’usage du bras avec une douleur terrible. La prise de CBD m’a permis de supprimer tous les opiacés et de de revivre ! Tant que ça me fait du bien ils (mes médecins) sont d’accord », explique Corine Chaussier.

Certains clients disent avoir réussi à se sevrer de leur consommation de joints ou de morphine grace au CBD. Pour d’autres, ce sont les crises d’angoisse et autre stress qui seraient apaisés avec le cannabidiol.

Pour Jean-Michel Delile, psychiatre et président de la Fédération Addiction, des études scientifiques ont fait la preuve que ces produits à base de CBD ou d’une faible dose (moins de 0,2%) de THC pouvaient avoir des effets bénéfiques sur des patients souffrant d’épilepsie ou de troubles psychotiques et qu’il n’y avait pas d’accoutumance. 

Il se dit « bienveillant » envers ses patients qui en consomment. 

 » Pour autant peut-on les recommander ? C’est plus compliqué « .

Pour le médecin, il faut absolument étudier plus en profondeur la question. Des analyses scientifiques supplémentaires doivent être réalisées notamment en matière de sevrage de drogue. Et surtout, il faut selon lui une traçabilité irréprochable de ces produits autant qu’une connaissance précise de leur composition.

Bientôt entre les mains des laboratoires pharmaceutiques ?

 

Le gérant d’une de ces boutiques nous a confié avoir conscience que son commerce avait une durée de vie limitée. Soit parce qu’il y vend des produits à base de THC et s’attend donc à être contrôlé. Soit parce que d’ici peu la loi évoluera, les analyses scientifiques auront fait la preuve que ces produits peuvent avoir de réelles vertus et alors le marché leur échappera.

Pour Jean-Michel Delile « plus on va développer le CBD sur un plan médicamenteux, moins il aura de chance de rester en vente libre n’importe où« , explique-t-il.


Sa vente pourrait alors être encadrée comme un médicament, empruntant le même parcours, depuis la production (laboratoires pharmaceutiques) jusqu’à la vente (en pharmacie).

 

Les spécificités de l’ex Aquitaine

 

Selon Jean-Michel Delile, les usages problématiques de cannabis seraient plus nombreux dans notre région, et dans l’ouest, que dans le reste de la France. D’où une plus grande réflexion des professionnels locaux sur ces questions. Ils sont en effet amenés à traiter des demandes de soins en augmentation, notamment au CEID de Bordeaux.  Parallèlement la région, et notamment la Gironde et les Landes, produirait plus de cannabis qu’ailleurs.

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