Couches réutilisables : les maternités gagnent aux changes

Couches réutilisables : les maternités gagnent aux changes

mars 22, 2019 0 Par admin

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Alors que même l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’inquiète de la contamination de couches destinées aux nouveau-nés par une jolie palette de pesticides, substances cancérogènes ou perturbateurs endocriniens, les établissements publics de santé commencent à changer leurs habitudes.

La première maternité française à avoir opté pour une alternative se trouve en périphérie de Strasbourg. Le CMCO de Schiltigheim, plus grande maternité d’Alsace, a commencé par une phase de test en 2009. Elle proposait aux parents d’avoir recours aux couches lavables en chanvre et coton bio. L’objectif était alors de réduire les déchets plus que d’éviter un cocktail de substances. Puis l’expérimentation, soutenue par les élus locaux, s’est généralisée. L’argent autrefois dédié aux frais d’incinération des protections est investi à long terme.

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Une question de taille

Aujourd’hui, la maternité fait toujours appel à la même entreprise d’insertion spécialisée dans la blanchisserie. Mais l’adoption des changes réutilisables n’est plus systématique. «Avant, il n’y avait pas d’autre choix que les couches lavables. On les mettait dans les chambres, mais certains parents les jetaient à la poubelle ou partaient avec», explique Nadine Knezovic-Daniel, cadre sage-femme au CMCO de Schiltigheim. C’est 15 euros de perdus à chaque fois. Désormais, la maternité signale juste que des couches sont à disposition pour ceux qui le veulent. «S’il y a trop d’accouchements, c’est trop chronophage niveau organisation, mais dans une plus petite maternité cela reste très intéressant», ajoute la professionnelle de santé.

C’est le cas à la maternité d’Alençon, où les bébés glissent depuis peu leurs fesses dans des couches en tissus. «Une maman est venue avec ses propres couches, raconte Véronique Godefroy, sage femme au centre hospitalier d’Alençon interviewée par France 3On avait trouvé que c’était assez agréable, plaisant, et puis, la démarche de développement durable, c’était un peu notre philosophie.» Arrivée au bout de son contrat avec une grande marque, la maternité a renoncé à ses 6 600 couches jetables annuelles et a investi dans 400 couches réutilisables. Ce sont sept tonnes de déchets en moins par an.

Depuis le 4 février, l’établissement confie le lavage à une association de réinsertion professionnelle, qui propose aussi ses services aux parents souhaitant poursuivre avec des couches durables à la sortie de la maternité. Seule une fine lingette glissée au fond de la couche pour récupérer les déjections part à la poubelle. De plus en plus de parents comprennent qu’ils gagnent au change. Le lavage coûte 35 euros par mois, moins cher que l’achat de packs en supermarché. La maternité dit avoir été contactée par d’autres établissements qui songent à faire de même.


Margaux Lacroux


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