Découverte en Asie centrale des plus vieilles traces d’usage de cannabis (photos)

Découverte en Asie centrale des plus vieilles traces d’usage de cannabis (photos)

juillet 3, 2019 0 Par admin

La découverte, publiée mercredi dans la revue Science advances, ajoute le cannabis à la pomme, aux noix et aux nombreuses cultures qui ont évolué au fil des siècles jusqu’à leurs formes modernes le long des Routes de la soie.

Par AFP

Découverte en Asie centrale des plus vieilles traces d’usage de cannabis (photos)

AFP

Dans un cimetière perché dans le massif du Pamir en Asie centrale, l’air se remplit des notes d’une harpe ancienne, d’un fort parfum de genièvre et de l’odeur peut-être plus forte de cannabis. Nous sommes à une cérémonie en l’honneur des dieux – ou des morts – il y a 2.500 ans.

Les rituels, reconstitués par des archéologues à partir de fouilles sur ce site dans la province chinoise du Xinjiang, représentent l’utilisation connue la plus ancienne du cannabis pour ses propriétés psychoactives.

La découverte, publiée mercredi dans la revue Science advances, ajoute le cannabis à la pomme, aux noix et aux nombreuses cultures qui ont évolué au fil des siècles jusqu’à leurs formes modernes le long des Routes de la soie, dit Robert Spengler, le principal archéobotaniste ayant participé à l’étude.

« Les voies d’échanges des premières Routes de la soie fonctionnaient plus comme les rayons d’une roue que comme une longue route toute droite, ce qui plaçait l’Asie centrale au cœur de l’ancien monde », explique le scientifique, basé au Max Planck Institute for the Science of Human History, en Allemagne.

Une forme plus ancienne de cannabis dans l’est de la Chine était domestiquée par les humains pour son huile et ses fibres il y a 6.000 ans : du chanvre. Mais ce chanvre n’avait pas les mêmes propriétés psychoactives.

Le site en question est le cimetière de Jirzankal, près de la frontière actuelle entre la Chine et le Tadjikistan.

Les archéologues ont découvert, dans huit tombes, un total de dix grands bols en bois contenant des pierres. Ces pierres avaient des traces de feu.

Les scientifiques ont analysé les bols en bois ainsi que les pierres brûlées grâce à une technique de chromatographie (spectrométrie de masse), habituellement utilisée par la police scientifique mais de plus en plus par les archéologues.

« A notre grande joie, nous avons trouvé les biomarqueurs du cannabis, et en particulier des composants chimiques liés aux propriétés psychoactives », dit Yimin Yang, coauteur et professeur à l’université de l’Académie chinoise des sciences.

Mais qui étaient les morts ? Les tombes enfermaient à la fois une personne apparemment morte de cause naturelle, et des corps portant les stigmates de coups, signes laissant suspecter d’éventuels sacrifices humains.

Ces travaux complètent un peu plus un vieux puzzle sur l’usage antique des stupéfiants.


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