Les architectes à la recherche du bon sens écologique

Les architectes à la recherche du bon sens écologique

avril 29, 2019 0 Par admin

 Tous les jours, retrouvez le fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. Aujourd’hui, on commence la semaine avec une bonne nouvelle.

Comment peut-on être architecte si on n’est pas écolo ? Que ce soit sur l’énergie, l’utilisation raisonnée des ressources, l’artificialisation des sols ou même le lien social, toutes les questions du développement durable concernent les bâtisseurs. Ces derniers sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à intégrer les tonnes de carbone, les matériaux biosourcés ou les savoir-faire locaux dans leurs pratiques. Les chantiers et les recherches finissent par constituer un corpus. Mais sauf à aller à la pêche à droite à gauche, il est bien difficile d’avoir une vision d’ensemble.

Pour aider les professionnels, l’ordre national a mis en ligne une plateforme numérique réunissant le plus de ressources possible. On y trouve par exemple «22 projets exemplaires pour construire en zone inondable constructible», le rapport 2018 de l’Observatoire mondial de l’action climatique non-étatique, un programme sur le réemploi des matériaux, etc. Lancée sous le parrainage de Jean Jouzel et dotée d’un conseil scientifique, cette plateforme est un outil destiné aux architectes. Mais qui pourrait aussi être bien utile aux élus, aux aménageurs et surtout, au législateur.

Low tech

Pour Denis Dessus, le président de l’ordre, les innovations en matière de développement durable sont souvent «low tech». «Le plus urgent aujourd’hui, c’est la rénovation et surtout la manière dont on isole. Un isolant comme le chanvre, ça peut être produit en France, ça donne un débouché aux agriculteurs et je n’ai jamais entendu de critique contre le chanvre. Comment développer cette filière ?», interroge-t-il.

La réponse est d’autant moins évidente que la tendance récente n’a pas consisté à déployer «ce bon sens à retrouver». Denis Dessus rappelle que lorsque l’on construit, «sept à huit mille normes et règles s’appliquent». Ce n’est pas forcément un mal car «elles ont permis d’augmenter le niveau de qualité du bâtiment». Néanmoins, certaines «sont le résultat d’un lobby» et là, rien ne va plus.

Denis Dessus donne un exemple : «Quand vous devez faire une porte coupe-feu qui tienne une demi-heure à l’incendie, vous pouvez demander à un menuisier de la fabriquer en bois massif et elle tiendra très bien au feu. Sauf qu’aujourd’hui, c’est impossible. Il faut que la porte soit aux normes CE, dont deux industriels ont le monopole. Donc, vous achetez ce produit, un plaquiste le pose et entre-temps, les menuisiers ont disparu.»

D’une façon générale, la construction n’a pas un bilan écologique exemplaire. Moins connu pour ses dégâts environnementaux que les énergies fossiles, le béton est quand même à l’origine de 7% des émissions de gaz à effet de serre et le calcul est facile : une tonne de ciment égale une tonne de CO2. Le béton pose aussi des problèmes de prélèvements excessifs de sable et, dans certaines régions, d’eau. Autre gros problème du secteur : les déchets. 40 millions de tonnes en France par an pour le seul bâtiment (environ 350 avec les travaux publics) et un recyclage marginal. Cela dit, Denis Dessus nous encourage à ne pas être trop pessimistes : «Ce qu’il y a de bien dans ce domaine, c’est qu’il y a encore à inventer», conclut-il.


Sibylle Vincendon


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